La caricature, genre populaire ou divertissement pour intellectuels ?

Article paru dans Ridiculosa n° 9 "Jules Champfleury"
Par Angelika Schober

La caricature n’appartient pas aux arts dits majeurs. Parmi les grands artistes dont les œuvres sont cotées sur le marché de l’art, on ne compte guère de producteurs d’images satiriques ; quelques exceptions, comme Honoré Dau­mier, confirment la règle. Etre propriétaire de caricatures est moins valorisant que posséder une toile de maître. Il s’agit de réalisations artistiques situées plu­tôt en bas des valeurs culturelles et matérielles et la caricature correspond par là à l’un des critères caractérisant la littérature « populaire ». Le statut mineur de ce genre qui combine souvent image et texte se reflète aussi dans le man­que de reconnaissance dont il jouissait jusqu’à peu dans les institutions officiel­les du savoir, l’enseignement universitaire et la recherche. Ce n’est que depuis quelques années qu’il commence à intéresser des chercheurs de différentes disciplines – historiens et historiens d’art, germanistes, orientalistes, hispa­nistes, sémioticiens etc. – et les recherches se développent parfois parallèle­ment à celles en littérature populaire, mais, le plus souvent, indépendamment de celles-ci.

La caricature est-elle un genre populaire ? La réponse n’est pas facile. S’il est vrai qu’elle recourt souvent à l’imagerie populaire, d’autres données doivent également être prises en compte. Pour répondre à la question, il est utile d’exa­miner si les critères de la littérature populaire [1] lui sont applicables. On trouve facilement des correspondances en ce qui concerne les modes de production et de distribution : la caricature comme la littérature populaire jouit d’une grande diffusion, que ce soit sur le support de feuilles volantes ou en tant que dessin de presse. Elle est pour l’essentiel une forme artistique de masse, « indus­trielle », contrastant avec l’œuvre d’art unique dont Walter Benjamin décrit l’« aura » en rapport avec l’unicité.[2] Un autre critère de la littérature populaire, à savoir le facteur du « déjà-vu », s’applique également aux caricatures : pour être pertinentes, elle reprennent, manient, manipulent ce qui est déjà codé. De ce fait elle n’est pas création artistique « ex nihilo », à partir du seul imaginaire du réalisateur, et ne peut pas être art abstrait non plus.[3]

La réponse est plus complexe en ce qui concerne la question de savoir comment les caricatures font sens, par quel déploiement d’éléments iconogra­phiques et verbaux le message est transmis. Parmi les critères les plus impor­tants de la littérature populaire figurent la lisibilité facile, l’usage fréquent de stéréotypes et la monosémie. « Populaire » est ce qui transmet un message simple, univoque, accessible à tous sans faire appel à des références sophisti­quées. L’utilisation d’images stéréotypées est en effet un trait caractéristique de la caricature, mais qu’en est-il pour la lisibilité facile et la monosémie ? Certaines caricatures correspondent à ces critères – des portraits charges par exemple –, mais d’autres peuvent être difficiles à décoder et aller jusqu’à la polysémie. Tous les portraits charges, du reste, ne sont pas univoques. Il existe donc une correspondance partielle entre littérature populaire et caricature, limitée à certaines réalisations et qui ne peut être généralisée. Lorsqu’une caricature est difficile à décoder, elle répond aux critères de la « haute littéra­ture » : la lecture demande un décryptage élaboré, voire un jeu subtil avec les éléments mis en scène. Peut-on dire que plus une caricature est métaphorique – les dessins de Serguei par exemple [4] – moins elle est populaire ? D’une cer­taine manière oui, car le déchiffrage suppose un effort intellectuel accru. Mais il est également possible qu’un dessin métaphorique soit populaire, à condition que ses éléments iconographiques reprennent des formes connues par tous les membres d’une culture : les emblèmes ou animaux nationaux par exemple. Ce qui montre que les spécificités de la caricature sont difficiles à cerner, que ce genre en marge tend à « caricaturer » les tentatives de classement ; il apparaît en effet sous des formes les plus variées.

Critères de distinction entre

genre populaire

genre intellectuel

* Décodage facile – monosémie

* décodage compliqué - polysémie

* Pas de connaissances spécifiques requises

références culturelles simples

connues par tous

-proverbes populaires

- contes populaires

- domaine du religieux

* supports populaires

* grande distribution

* production industrielle

* Connaissances spécifiques requises

références culturelles élaborées

connues par une minorité

- citations littéraires

- tableaux d'artistes

* supports élaborés

* distribution limitée

* œuvre unique

En analysant différentes caricatures, on constate qu’il est rare qu’elles correspondent exclusivement à l’un ou l’autre des deux volets. Le plus souvent les deux se côtoient dans la même réalisation. Cependant, les « ingrédients » peuvent être dosés différemment en fonction des siècles et du public visé. A l’heure actuelle, on assiste à un fort dosage d’éléments « intellectuels » et « divertissants ». Il n’en était pas de même du seizième au dix-huitième siècle de sorte que l’on peut parler d’une évolution historique. Les exemples suivants venant de France et d’Allemagne, du seizième au début du vingt-et-unième siècle, en témoignent.

Lorsque le genre émerge en Europe au seizième siècle, au moment de la Réforme et de l’invention de l’imprimerie, il s’agit d’une forme d’expression « populaire » dans un double sens : le message est facile à comprendre et sert comme arme de combat plus ou moins populaire. Sans implications ludiques ni divertissantes, les caricatures de cette époque transmettent par voie picturale, sur des feuilles volantes, des messages d’ordre politique à ceux qui ne savent pas lire. Les cibles sont clairement indiquées, la visée sans équivoque. De plus, les caricatures représentent l’adversaire le plus hideux que possible, lui ôtant souvent son humanité afin de faire taire tout scrupule éventuel qui pourrait s’opposer à sa destruction. Un moyen pour y arriver est la diabolisation. La fameuse gravure sur bois « La Cornemuse du diable » en est un exemple éloquent. Elle intègre le portrait du Réformateur Luther dans une cornemuse, instrument à connotation sulfureuse, jouée par le diable.[5]

Une volonté analogue de détruire l’adversaire – par tous les moyens – se manifeste à nouveau pendant la Révolution française. Le procédé de diaboli­sation continue à être utilisé, par exemple dans une gravure anonyme de 1791 qui visualise « L’arrivée du pape (Pie VI) aux enfers ».[6] Mais d’autres procédés, notamment l’animalisation [7], se révèlent aussi dévastateurs. Deux gravures attri­buées à Villeneuve réalisées en 1791 après l’arrêt du couple royal à Varennes le montrent.[8] On peut qualifier de « populaires » ces caricatures : leur lisibilité est facile et le recours à l’imaginaire populaire sert à augmenter la haine des couches défavorisées à l’encontre de la monarchie.


Les portraits sont placés sur des corps de bêtes transformant ainsi les personnages en animaux.[9] Le roi devient un porc, animal méprisé et destiné à finir sous les couteaux des bouchers [10] , la reine un animal moins facile à déter­miner : selon Ernest F. Henderson, il s’agit d’une panthère, [11] le catalogue de l’exposition de la Bibliothèque Nationale parle d’une « étrange hyène ».[12] La seconde interprétation nous paraît mieux adaptée, car dans l’imaginaire popu­laire la hyène est un animal plus répugnant qu’une panthère bien que la seconde soit un dangereux prédateur. La hyène appartenant à la famille des chiens, le lien sémantique avec le jeu de mot fait à partir des origines de Marie Antoinette – « l’ Autri-chienne » – est évident . La caricature illustre la charge verbale, souligne la mauvaise réputation dont jouissait la reine par le biais d’une double animalisation : elle est non seulement transformée en hyène, mais, de plus, sa tête est garnie de vipères. Deux animaux à connotation négative ser­vent donc à la déconstruction : la hyène, animal impudique [13] et mangeur de charogne, ainsi que le serpent rusé évoquant la séduction et la trahison.

Si la caricature est jusqu’à la fin du dix-huitième siècle essentiellement « populaire », on assiste, à partir du dix-neuvième siècle, à une plus grande « intellectualisation » avec des dessins dont le sens devient plus difficile à décoder. Cependant, comme des caricatures à iconicité simple continuent à être produites, on peut dire que le genre se dédouble d’une certaine manière pour apparaître désormais sous deux formes, l’une plus populaire, l’autre plus intellectuelle.

De beaux exemples de la caricature en tant que divertissement pour intel­lectuels au 19ème siècle se trouvent dans le journal satirique Kladderadatsch édité à partir de 1848 à Berlin. Ursula E. Koch montre que les dessins ne sont pas faciles à comprendre, même pour les gens bien informés de l’actualité poli­tique. Pour y arriver il faut de solides connaissances des classiques allemands (Goethe, Schiller, Heine), de la littérature européenne (Shakespeare, Dante, Molière), de la mythologie ainsi que des contes populaires.[14] En effet, le principal souci du journal n’est pas d’informer – cette tâche incombe à la presse quotidienne –, mais de stimuler la réflexion en divertissant les lecteurs.[15] Le Kladderadatsch se considère ainsi effet comme l’organe «des masses – du public qui lit »,[16] distinguant ainsi son lectorat, la bourgeoisie cultivée, des « masses » populaires moins instruites.

Une certaine intellectualisation du genre n’empêche pas que la caricature puisse rester « populaire » aux dix-neuvième et vingtième siècles. Selon Christian Delporte, les dessins de presse de l’entre deux-guerres constituent «un outil de communication infiniment populaire – c’est-à-dire accessible au plus grand nombre ». Leur popularité résulte aussi du fait qu’ils soient encore la source principale d’information visuelle permettant de découvrir les visages des personnages politiques.[17]

Au début du 21ème siècle, la caricature est moins que jamais une arme de combat, du moins en Europe et dans les autres pays développés. Dans cette partie du monde, la quête du « peuple » se fait à l’heure actuelle par le biais de la télévision [18] et non pas à travers des dessins satiriques qui ne suscitent plus ni heurts, ni démêlés diplomatiques.[19] Deux caricatures parues en 2001 dans l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo et le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung montrent comment les ingrédients « populaire » et « intellectuel » peuvent être repartis aujourd’hui.

Les caricatures de Charlie Hebdo ont une lisibilité souvent compliquée. Pour comprendre leur sens, il faut être non seulement bien informé de l’actua­lité, mais être prêt à décoder des messages à double, voir triple niveau, ce qui rapproche leur lecture de celle de la « haute littérature ». En revanche, en ce qui concerne les procédés graphiques, on trouve des point communs avec les genres populaires, la bande dessinée par exemple. La couverture du 31 octobre 2001 en témoigne.

Le dessin intitulé « Ben Laden chante Brassens » relie deux personnages incompatibles et fait sens à travers une subtile combinaison d’éléments textuels et iconographiques orchestrée à partir de deux événements d’actualité : la mort du poète et chanteur Georges Brassens et le début de l’intervention militaire en Afghanistan pour traquer le chef-terroriste Ben Laden. La connexion se fait par le refrain da la chanson la plus populaire de Brassens, Le mauvais sujet repenti : « Au village sans prétention j’ai mauvaise réputation ». Le village dans lequel Ben Laden jouit – du moins dans sa partie occidentale – d’une forte mauvaise réputation est le global village, la planète terre. Sous son air de bonhomie, cette caricature est hautement corrosive : elle déconstruit la cible visée, Ben Laden, plus qu’un dessin « méchant » ne saurait le faire. En lui léguant les attributs de Brassens – guitare et pipe, deux objets avec lesquels il ne se montrerait jamais en public [20] –, en transformant en chanteur occidental – comble de décadence ! – celui qui se met en scène comme guerrier féroce même sous la forme anachronique et hautement symbolique du chevalier à dos de cheval, Jul désacralise l’image que l’homme le plus recherché au monde s’est construite de lui-même. En le représentant de manière « sympathique », en rendant inoffensif un personnage qui se veut le plus offensif que possible, il le ridiculise totalement. La déconstruction de l’idéologie talibane est du reste portée à son plus haut degré par le petit chat portant le tschadri…. Bien qu’aucun élément pris isolement ne soit en tant que tel destructeur, la charge atteint sa cible grâce à la combinaison des différents éléments textuels et picturaux. Ce qui distingue ce dessin fondamentalement de caricatures plus « populaires » dans lesquelles la destruction de l’adversaire se fait de manière plus nette : par exemple en ajoutant aux personnages visés des éléments à connotation négative – comme c’était le cas des charges à l’encontre de Marie Antoinette et Louis XVI. C’est dans le mélange subtil d’éléments inoffensifs que réside la force d’attaque hautement « intellectuel » du dessin de Jul.

Un mélange différent des ingrédients « populaires » et « intellectuels » caractérise ce que l’on peut appeler « Le théâtre populaire de E.M. Lang ». Caricaturiste du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, Ernst Maria Lang, commente régulièrement l’actualité politique par des dessins rappelant dans leur construction des scènes de théâtre. Ils font penser au Bauerntheater (théâ­tre des paysans) bavarois et l’aspect « populaire » est souligné par le fait que les légendes recourent soit à des proverbes, soit à des vers rimés inspirés des « Schnaderlhüpferl » de la poésie bavaroise. Mais en dépit des emprunts à la culture populaire et la lisibilité facile, ces dessins constituent avant tout un diver­tissement pour intellectuels à cause du support et du public destinataire : le Süddeutsche Zeitung est un journal supra-régional de haut niveau.

Le bon ménage entre des deux volets, « populaire » et « intellectuel » s’explique dans ce cas par une spécificité culturelle de la Bavière : le clivage entre la culture populaire, campagnarde en l’occurrence, et celle des élites y est moins marquée qu’ailleurs. Les paysans jouissaient toujours d’une grande considération et aujourd’hui encore, la mode des citadins s’inspire de leur habit traditionnel et le parler populaire enrichit le langage soutenu.

Le dessin du 27/28 mars 2001 intitulé « La pièce à conviction » (Das Be­weisstück) commente l’affaire du financement occulte du parti chrétien démo­crate (CDU). Pour décharger l’ancien chancelier et chef du CDU, Helmut Kohl, l’ancien vice-chancelier et ministre des affaires étrangères, Hans Dietrich Gens­cher, apparaît devant la commission d’enquête parlementaire (Untersuchung­sausschuß) instituée sur demande du parti social-démocrate. Bien que les personnages ne soient pas habillés de costumes bavarois – il s’agit d’acteurs de la politique fédérale – la mise en scène évoque les structures du théâtre populaire. Helmut Kohl, en posture de seigneur sûr de lui affiche un sourire triomphant en observant l’entrée en scène de son « valet » Genscher. La « piè­ce à conviction » destinée à l’innocenter est visualisée par un gilet blanc. Pour ironiser sur la situation, E.M. Lang utilise en effet une expression populaire : « avoir un gilet blanc » (weiße Weste) signifie être innocent. La lisibilité du message est renforcée par des éléments textuels qui ôtent toute ambiguïté au dessin ; la légende transcrit le plaidoyer de Genscher en vers rimé : « Mon sei­gneur faisait toujours de son mieux, à tout moment il portait le gilet blanc. » Les gestes et la mimique des autres personnages confirment l’impression que l’on a d’assister à une représentation de théâtre populaire. La liesse des politiciens du parti CDU-CSU [21] contraste avec les visages déçus des membres de la commission d’enquête qui auraient souhaité des preuves de culpabilité.

S’il est vrai que dans la caricature d’aujourd’hui le rapport entre populaire et intellectuel se déplace plutôt du côté intellectuel – soit à cause de la cons­truction des dessins, soit à cause du support – on assiste aussi à l’essor d’une « caricature en marge » qui relie la facilité du décodage au support populaire. Il s’agit des dessins publiés dans les « journaux des exclus » vendus depuis quelques années dans les rues de plusieurs grandes villes de France. Ils per­mettent une certaine insertion sociale à leur vendeurs qui touchent direc­tement deux tiers du prix et les auteurs sont, pour l’essentiel, eux-mêmes des margi­naux. Ainsi plusieurs critères du genre « populaire » sont réunis – à l’exception de la grande diffusion. En effet, le cercle des lecteurs est restreint, se limite sur­tout à ceux qui achètent ces journaux le plus souvent pour aider les vendeurs et non pas à cause du contenu.

En décembre 1995, à l’occasion de la longue grève des transports en commun, le journal de rue Le Lampadaire publie un dessin de Mutio dont l’ico­nographie est accessible à tous grâce à une personnification de la situation : les trains en arrêt ont des yeux et croisent les bras devant la "poitrine". Pour mettre en scène les données, MUTIO visualise donc l’expression populaire « rester les bras croisés » qui signifie « ne rien faire ». Les éléments textuels – le sigle SNCF – enlèvent du reste au dessin toute ambiguïté éventuelle.

A la fin de nos observations et pour répondre à la question initiale, on peut dire :

En tant que genre, c’est-à-dire par rapport à d’autres formes d’expression artistique, la caricature peut être qualifiée de « populaire ». Il existe cependant à l’intérieur du genre une large gamme de moyens stylistiques qui dépassent le cadre populaire. Différents registres entrent en jeu, allant de réalisations monosémiques jusqu’aux jeux subtils de mots et de traits dont le décodage constitue plutôt un « divertissement pour intellectuels ». L’attraction que continue à exercer la caricature – en dépit du recul de sa combativité politique – provient peut-être aussi du fait qu’il s’agit d’un genre multiforme adaptable à des situations variées. Sous des traits populaires, il peut véhiculer des messages codés de manière sophistiquée et il n’est pas exclu, voire assez fréquent, que les deux volets – le populaire et l’intellectuel – se trouvent en interaction dans la même caricature.

Université de Limoges



[1] A ce sujet voir Jacques Migozzi : « Les fils d’Aristote face à l’Autre littérature ou de quelques turbulences théoriques et terminologiques contemporaines autour de la paralittérature », in Luc Fraisse (dir.) : Pour une esthétique de la littérature mineure. Colloque « Littérature majeure, littérature mineure », 16-18 janvier 1997, Paris, Champion, 2000, pp. 221-233.

[2] Cf. Das Kunstwerk im Zeitalter seiner technischen Reproduzierbarkeit, in : Walter Benjamin, Illumina­tionen. Ausgewählte Schriften 1, Francfort sur Main, 1974, pp. 139-145.

[3] Les rapports entre « Caricature et peinture » seront étudiés lors d’un colloque (EIRIS) organisé par Jean-Claude Gardes en mai 2004 à Brest. Les Actes seront publiés dans Ridiculosa n° 11.

[4] En l’occurrence le dessin « Guerre et paix » paru dans Le Monde du livre du 9 mai 1997 expliqué par Angelika Schober dans « Mutations de la colombe de la paix dans quelques dessins de presse contem­porains », Ridiculosa n° 6 : Textuel et visuel, Interconnexions entre textes et images satiriques, Univer­sité de Brest/ Université de Limoges, 1999, p. 122.

[5] Ironie du sort : la caricature s’est révélée moins univoque qu’elle ne devait l’être. Il en existent en effet deux versions : la première vise le moine déchu Luther, la seconde, légèrement modifiée sur le plan graphique et complétée d’une légende, le moine resté fidèle à la tradition. La même image pouvait donc servir, successivement, à combattre la Réforme et l’Eglise catholique. Cf. Angelika Schober : « La cornemuse du diable », in : Vincent Martin/Jean-Claude Gardes : L’Humour graphique, Cahiers de recherche de CORHUM – CRIH, 1997, n° 5, pp. 135-143.

[6] Cf. catalogue de l’exposition Politique et polémique. La caricature française et la Révolution. 1789-1799 organisée par l’Université de Californie, Los Angeles, et la Bibliothèque Nationale, Paris, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution 1989, p. 196.

[7] En mai 2003 aura lieu à l’Université de Limoges un colloque (EHIC-EIRIS), organisé par Angelika Schober et Margarethe Potocki, sur le thème : « Les animaux pour le dire. La signification des animaux dans la caricature. » Les actes seront publiés dans Ridiculosa n° 10.

[8] Les légendes indiquent : « Son Excellence M. la Baronne de Korf parti furtivement de Paris dans la nuit du 20 au 21 juin 1791 » et « Louis parjure. Valet de chambre de M. la Baronne de Korf suivant sa Maîtresse dans sa fuite », Politique et polémique, op. cit., p. 197.

[9] Il ne s’agit pas de portraits charges au sens strict du terme, car les visages ne sont pas altérés.

[10] Sur la transformation de Napoléon III en porc, voir Bertrand Tillier : « Napoléon III et la caricature en 1870 : histoire d’une dissolution », in Ridiculosa n° 3 : Tyrannie, dictature et caricature, 1997, pp. 31-46.

[11] Ernest F. Henderson, Symbol and Satire in the French Revolution, G.P. Putnam’s Sons, New York/ Londres, The Knickerbocker Press, 1912, p. 160.

[12] Politique et polémique, op. cit., p. 196.

[13] On remarque une mise en exergue des mamelles, et par là de la sexualité : allusion aux rumeurs relati­ves aux rapports extra-conjugaux de la reine, en l’occurrence avec le conte Fersen.

[14] Ursula E. Koch, Der Teufel in Berlin. Von der Märzrevolution bis zu Bismarcks Entlassung. Illustrierte politische Witzblätter einer Metropole. 1848-1890,c.w.leske, Cologne, 1991, p. 18.

[15] Ibid., p. 152.

[16] Ibid., p. 161.

[17] Christian Delporte, Les crayons de la propagande. Dessinateurs et dessins politiques sous l’Occupa­tion, CNRS Editions, 1993, p. 9.

[18] Les « marionnettes » présentées à la télévision française ont une fonction plus divertissante que destructrice.

[19] Les difficultés rencontrées par Plantu avec le PCF en juillet 1989 à cause de son dessin « Les Droits de l’Homme » paru dans Le Monde constituent une exception qui ne met pas en question la règle. En ce qui concerne les démêles diplomatiques, voir la caricature « The Albion » de Jean Veber sur la page de titre de Ridiculosa n° 8 et les commentaires de Peter Ronge dans l’article « La mise à nu », p. 183.

[20] L’islam tel qu’il le perçoit, interdit le tabac autant que la musique.

[21] La CSU, l’Union chrétienne sociale, est la sœur bavaroise du parti CDU.