Une thèse sur Champfleury

Thèse de doctorat de Michela Lo Feudo (Naples et Paris X) sur:
Jules Champfleury (1821-1889): Littérature et caricature.
Résumés en français et en anglais dans "lire la suite".

Soutenance de la thèse: Jules Champfleury (1821-1889): littérature et caricature
[Université de Naples « Federico II » en co-tutelle avec Paris x – Nanterre]

• Auteur : Michela LO FEUDO
• Date et lieu de la soutenance : 29 janvier 2010, 15h30
Université de Naples « Federico II »
Faculté de Lettres et Philosophie
Via Porta di Massa, 1
Aula S. Battaglia

• Jury :
Silvia Disegni (Naples, directeur)
Jean-Louis Cabanès (Paris X –Nanterre, co-directeur)
Bernard Vouilloux (Bordeaux III)
Charmaine Lee (Salerne)

• Résumés :
« Inventée » en Italie à la fin du XVIe siècle, la caricature naît comme divertissement de l’artiste qui se plaît à peindre des portraits comiques en remettant en cause les règles de la représentation. Elle se caractérise d’entrée de jeu par sa double valence mimétique et expressive et atteint son apothéose sous la Monarchie de Juillet. Grâce à l’introduction de la presse industrielle et de la lithographie, elle devient l’ un des instruments de contestation politique et de l’enquête sociale menée à travers l’étude des mœurs bourgeoises. C’est au sein de la « petite presse » que la caricature partage avec l’écriture critique et fictionnelle de nouveaux projets esthétiques. A partir de l’expérience de Balzac, pionnier du journalisme et théoricien de la caricature littéraire autour de 1830, la « petite presse » est le lieu où Jules Champfleury, critique d’art, conteur, théoricien du Réalisme en art, auteur de pantomimes et d’une monumentale Histoire de la caricature, expérimente les armes de la charge. La notion de portrait satirique est le plus important des lieux conceptuels et esthétiques réinterrogés dans et par son écriture piquante. Elle permet une réflexion plus ample sur la condition des artistes et des arts au XIXe siècle ainsi que sur la représentation elle-même. Un fil conducteur unit alors l’œuvre vaste et hétérogène de Champfleury, une œuvre qui se développe à partir de son expérience journalistique et arrive jusqu’aux romans et aux manifestes des années 1850. L’enquête qu’il y mène sera pour l’auteur la prémisse de son Histoire de la caricature : dans ses recherches historiques d’un type complexe, se donne à lire un véritable questionnement sur la littérature contemporaine.

Caricature was invented at the end of the sixteenth century , it was born by artists who used it as a pastime and enjoyed drawing funny portraits by overturning the rules of representation. Its characteristic was at the same time mimetic and expressive and it reached its top during the so called Monarchy of July. Thanks to the invention of industrial and lithographic printing caricature became a means of political protest and of social inquiry into middle classes’ habits. Caricature shared its aesthetic projects with reviewers and novelists of ‘petite presse’ (small publishing industry). Since Balzac’s experience as a pioneer of journalism and a theorizer of literary caricature (1830), ‘petite presse’ had been the place where Champfleur, art critic, novelist, theorizer of Realism in art, author of pantomimes and of a monumental Histoire de la caricature, had experimented the arms of “charge”. The concept of satirical portrait is the most important aesthetical concept about which his pungent writings develop. This last work enables us to reflect deeply and widely about nineteenth century artists’ and arts’ condition and about mere representation as well. A guiding thread links Champfleury’s wide and multicoloured production ranging from journalism to novels and posters of nineteen-fifties. This activity would be for the author the introduction to his Histoire de la caricature, in which many writers of the time are mentioned. Through his historical research on this complex genre he makes us reflect on the literature of his time.