Colloque "Images de l'étranger"

Appel à communications - Colloque "Images de l’étranger",
Institut National de l’Audiovisuel / Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle, 21-22 octobre 2010.
Date limite de réception des propositions : 15 avril 2010

Appel à communications Colloque "Images de l’étranger", Institut National de l’Audiovisuel / Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle, 21-22 octobre 2010.

Même si elle est toujours l’objet de tentatives d’instrumentalisation, l’image de l’étranger s’est aujourd’hui fortement complexifiée dans les sociétés des pays dits « du Nord ». Deux processus réciproques expliquent dans ces contextes le brouillage des frontières de l’altérité. D’une part, le développement de mouvements d’émigration et de diasporisation qui sont à l’origine d’une redéfinition des identités, de plus en plus marquées par l’hybridité et la fluidité. D’autre part, la multiplication des voyages professionnels et touristiques et l’internationalisation des médias qui sont au fondement d’une mondialisation des imaginaires et de nouvelles formes de proximité (le « tourisme solidaire », les collaborations artistiques) entre des groupes humains inscrits dans des espaces géographiques éloignés. Ces situations de contacts engendrent et sous-tendent une littérature plus ou moins lénifiante sur le « dialogue » ou la « rencontre » des cultures qui tend à dénier que c’est bien souvent par la médiation d’images matérielles que ces rencontres s’opèrent. Des images stigmatisantes et d’inspiration ethnocentrique lors de certaines crises événementielles comme celle déclenchée par la publication en Europe de caricatures de Mahomet. Des images euphorisantes et exotisantes engendrées tant par certaines productions médiatiques (principalement les magazines écrits et audiovisuels de voyages et/ou d’aventures) que par les stratégies de communication touristique des organismes spécialisés. Des images traumatisantes telles que celles des catastrophes naturelles qui placent un spectateur « à distance » face à des populations démunies ou encore, celles du surgissement sur les côtés italiennes ou espagnoles de groupes de migrants en perdition. Des images plus ambivalentes encore de solidarité entre des nantis et des étrangers en situation de détresse (le soutien de vedettes du spectacle aux luttes des « sans-logis »).
Ainsi, dans une oscillation entre des effets d’altérisation et d’assimilation, d’exclusion et d’idéalisation, c’est à un ensemble de plus en plus hétérogène et diversifié d’images de l’étranger que les sociétés du Nord sont confrontées. C’est pourquoi ce colloque n’entend pas simplement réitérer un questionnement critique des logiques de stéréotypie négative de cette figure étayées par certains discours médiatiques ordinaires. Prenant en compte tant celle de l’étranger « du dedans » que celle « du dehors », il se propose d’interroger dans leur complexité les processus de construction et de circulation de ces images contradictoires et ambivalentes en se plaçant autant sur un axe diachronique que synchronique et en ouvrant le champ d’observation tant aux images artistiques que médiatiques (notamment mais pas exclusivement celles véhiculées par la télévision). À quelles figures et motifs observables dans la peinture des siècles passés les images contemporaines viennent-elles s’adosser ? À quelles logiques de construction ces représentations (audio)visuelles obéissent-elles ? La légende de la photo, le texte d’une infographie contribuent-ils à apporter des éléments atténuant l’impact émotionnel qui parfois avive les stéréotypes de l’étranger présents dans l’image fixe ? Observe-t-on de nouvelles formes d’inscription ou de gommage des marques de différence ? Peut-on considérer qu’elles ouvrent à de véritables stratégies d’intelligibilité des situations rencontrées et des sujets en présence ?
Telles sont les principales questions auxquelles on se propose de répondre dans ce colloque ouvert à différentes disciplines prenant pour l’objet l’image et à des comparaisons avec d’autres contextes (Amérique du Nord, Espagne, Italie, Grande-Bretagne) où ces interrogations sont aussi présentes.

Les communications pourraient s’organiser autour de quatre axes :

1. Les représentations télévisuelles de l’étranger qui sont présentes aujourd’hui dans une palette assez large de genres, des journaux télévisés aux magazines de voyage en passant par les fictions. En prenant appui sur des études synchroniques ou diachroniques, monographiques ou comparatives, il s’agira de comprendre comment les formes sérielles de ce média contribuent à installer dans les imaginaires et les espaces publics diverses constructions identitaires de l’étranger.

2. Les représentations artistiques de l’étranger qui émaillent l’art classique ont souvent été rendues invisibles par des perceptions stéréotypées. Des expositions, par exemple à l’Institut du Monde Arabe à Paris, montrent des décorations, des costumes dont les inspirations sont orientales, et ce dès la Renaissance italienne. Il faudrait comprendre dans quelle mesure s’y essaient des modèles d’intégration et aussi comment des images contemporaines (souvent photographiques) puisent dans le fonds iconographique ancien en le réinterprétant, le copiant, le parodiant, le citant.

3. Les transnationales de l’information et de la communication qui se sont emparées des entrelacs entre « le national », « l’international » et « le mondial » parfois - l’impérial - depuis plus d’un siècle. Imaginaires et espaces publics ont été alimentés par de tels acteurs, soit directement, soit indirectement (par d’autres supports, vecteurs, médias, etc.). Il s’agira de comprendre comment les entreprises multimédia transnationales desservent, directement ou indirectement des publics tantôt homogènes tantôt hétérogènes, « l’Ici » et « l’Ailleurs » étant aujourd’hui partie intégrante de notre identité, tant pour les professionnels des médias internationaux que pour (certains) usagers, publics, audiences. On se propose également d’examiner et de réinterpréter dans une perspective communicationnelle des événements ou dualismes « symboliques » de tensions face à l’étranger, tels que Fachoda, Mers-el-Kebir, le mur de Berlin, la barrière traversant Jérusalem, la barrière le long de la frontière Etats-Unis/Mexique", Sangatte ou bien encore l’iconographie de la commémoration qui connaît une mue spectaculaire.

4. Les représentations scientifiques de l’étranger qui traversent des champs de recherche aussi divers que l’histoire, la sociologie, les sciences politiques, les cultural et postcolonial studies, les sciences de l’information et de la communication. Au-delà, la statistique publique (ou son absence) sont des filtres qui permettent de saisir la complexité des identités, de les dés-essentialiser pour mieux combattre l’intolérance. Mais, loin de couper le chercheur du contexte plus large des sociétés, elles enregistrent souvent passivement les rapports de force symboliques cryptés dans les discours publics comme les médias de masse.

Comité scientifique :

Jocelyne Arquembourg-Moreau, Maître de conférences HDR, Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 2 (IFP).
Henri Boyer, Professeur de Sciences du langage, Université Montpellier 3.
François Demers, Professeur, Science politique et communication publique, Université Laval à Québec.
François Heinderyckx, Professeur, Information et communication, Université Libre de Bruxelles.
Marc Lits, Professeur, Information et communication, Université Catholique de Louvain.
Isabelle Rigoni, Chercheure en sociologie, Université de Poitiers, Laboratoire Migrinter.
Kevin Robins, Professeur, City University of London.
Winfried Siemerling, Professeur à l’Université de Waterloo (Ontario).
Jean-François Tétu, Professeur émérite, Sciences de l’information et de la communication, IEP Lyon.
Anthony Wall, Professeur en théorie de la littérature et en littérature française, Université de Calgary.


Comité d’organisation :
Laurence Corroy, Maître de conférences, Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 3.
Dominique Colomb, Maître de conférences HDR, Sciences de l’information et de la communication, Université Grenoble 1.
Guy Lochard, Professeur de Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 3.
Eric Maigret, Professeur de Sociologie, Université Paris 3.
Denis Maréchal, Chargé de mission, Diffusion scientifique, Institut National de l’Audiovisuel.
Yasmine Marcil, Maître de conférences, Histoire, Université Paris 3.
Claire Mascolo, Responsable service Documentation de l’Inathèque, Institut National de l’Audiovisuel.
Fayçal Najab, Maître de conférences, Psychologie des communications interculturelles, Université Paris 3.
Michael Palmer, Professeur de Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 3.
Muriel Pivette, Maître de conférences, Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 3.
Marie-Dominique Popelard, Professeur de Philosophie. Université Paris 3.
Emilie Roche, Maître de conférences, Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 3.

Modalités de soumission de propositions de communication
Les propositions de communication doivent être rédigées en français ou en anglais. Elles devront comporter les éléments suivants :
Titre de la communication
Auteur
Affiliation institutionnelle
Coordonnées : adresse, pays de résidence, numéro de téléphone, courriel.
Un résumé de 500 mots environ. Il devra présenter l’objet de la communication, le cadrage théorique, la méthodologie, le corpus ou les données analysés et les principaux résultats.
Date limite de réception des propositions : 15 avril 2010.
Frais d’inscription : 15 euros pour les doctorants. 30 euros pour les enseignants titulaires.
Notification d’acceptation aux auteurs après examen par le comité scientifique : 30 mai 2010
Les propositions sont à adresser à :
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Le colloque aura lieu les 21 et 22 octobre à l’Institut National de l’Audiovisuel (Rue de Pattay) et à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.
Les frais de déplacement et d’hébergement ne sont pas pris en charge.