Projets en cours

Jamshidifar Ali Dessinateur de presse

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Argumentaire pour le numéro 25

Argumentaire pour le n° 25 (pour la discussion du 24 juin)  Télécharger la version pdf imprimable

Ridiculosa n° 25

« Image satirique et bande dessinée »

 

APPEL À CONTRIBUTIONS

« Le rire n’a pas d’essence mais plutôt une histoire, ce qui rend toute définition aussi triviale que celles que nous rencontrons dans les dictionnaires et encyclopédies[1] ». L’historien Elias Thomé Saliba, spécialiste du rire à la Belle Epoque brésilienne, mettait ainsi en lumière en 2002 l’impossibilité de donner une définition intemporelle du rire en raison de son insertion dans un contexte historique. L’émergence de la bande dessinée au cours du XIXe siècle marque un moment important dans l’histoire de la satire visuelle : si jusqu’alors la caricature était la manière privilégiée de montrer graphiquement ce qui peut faire rire, cette nouvelle forme l’enrichit et lui apporte une dimension innovante, en alliant « la force de déflagration comique de l’image isolée et la puissance émotionnelle d’une fiction homogène[2]».

Dans Naissances de la bande dessinée, Thierry Smolderen a montré en quoi on pouvait voir la sérialisation de la satire comme une étape cruciale dans l’émergence de la narration graphique moderne[3]. Même si le médium est différent, la caricature en tant que branche du dessin relève d’un cousinage formel avec la bande dessinée. Pendant plusieurs décennies après « l’invention » de Rodolphe Töpffer[4], la narration graphique et la satire graphique entretiennent des relations étroites, en particulier de coprésence, qui perdurent jusqu'au XXe siècle,, et ce,, dans de nombreux pays, en Europe et outre-Atlantique. La presse offre le principal vecteur d’une cohabitation qui joue la porosité entre différents régimes d’images satiriques. On trouve ainsi dans les mêmes périodiques, voire sur les mêmes pages, dessins politiques, caricaturaux, humoristiques, illustrations, gags, strips et courts récits ou anecdotes. Les Croquis, par « Cham », publiés dans Le Charivari de Philippon sont des exemples célèbres de cette coexistence. À ce sujet, Camille Filliot observe que les feuilletons publiés dans les pages de L’Illustration sont répertoriés dans la table des matières des volumes reliés dans les rubriques « Variétés » et « Caricatures[5] ». De nombreux artistes pratiquent indifféremment dessins uniques ou séquences graphiques, faisant du XIXe siècle un laboratoire visuel particulièrement fécond[6].

Depuis sa création, la revue Ridiculosa explore les multiples facettes de l’image satirique, notamment les diverses formes de diffusion et de circulation de la caricature. Elle propose également des numéros qui interrogent les liens tissés entre la caricature et d'autres formes d’expressions visuelles et artistiques telles que la peinture (2004), la publicité (2005), la sculpture (2006), la littérature (2009) et la photographie (2010). Pour ce numéro 25, consacré à la zone de confluence entre l’image satirique, la caricature et la bande dessinée, l’EIRIS a formé un comité scientifique et une équipe éditoriale mixte avec LaBrèche, une association de chercheur.e.s en bande dessinée.

Dans ce dossier de Ridiculosa, il s’agira de penser autant la perméabilité de la caricature et de la bande dessinée aux diverses formes de satire visuelle, que la manière dont les points de contact, là où les deux idiomes graphiques s’interpénètrent et s’influencent mutuellement.

Parmi les nombreuses thématiques possibles, quatre axes ont été retenus, sans pour autant exclure d'autres propositions ; ceux-ci pourront porter sur l'ensemble des aires géographiques mondiales, et être abordés depuis toutes les perspectives méthodologiques (sémiotique, histoire, littérature, sociologie…), sous la forme d’études de cas ou de synthèses.

AXE 1

Au-delà de la question de l’émergence de la bande dessinée à partir du registre de la caricature, se pose d’abord la question de la délimitation progressive des deux formes, qui a alimenté la fortune critique respective de l’une et de l’autre. Nous invitons les contributeurs à proposer des articles qui visent à expliciter les ressorts temporels de cette délimitation, en questionnant son caractère définitif et en examinant la multiplicité des points de rencontre entre bande dessinée et caricature. Il faudra également en déterminer les acteurs : critiques, artistes, éditeurs, etc., qui construisent des histoires distinctes des deux formes. De ce point de vue, il sera essentiel de rendre compte des fondements théoriques de cette distinction.

AXE 2

Ce numéro veut  questionner l’efficacité graphique et la puissance d’attraction de la bande dessinée. Comme l’a montré Maaheen Ahmed, ce médium constitue en effet une forme très ouverte, qui peut notamment accueillir la satire[7]. Comment la bande dessinée se nourrit-elle d’une autre tradition graphique, avec d’autres systèmes de référence ? Que reste-t-il de la caricature quand la bande dessinée s’approprie la satire graphique ? On peut aller jusqu'à interroger la manière dont la bande dessinée transforme la caricature du point de vue du style car, selon Christian Delporte, elle contribuerait même à l'évolution vers une simplification graphique dans les années 1930[8]
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AXE 3

Il s’agit également de s’intéresser à des auteur-e-s dont la pratique relève à la fois de la bande dessinée et de la caricature : comment passe-t-on d’un registre à un autre et comment, à l'inverse, peut-on maintenir une pratique simultanée de ces activités ? Quelle est la nature des passerelles entre les deux modes graphiques ? De Quino à Cabu en passant par Posy Simmonds et Martin Rowson, les carrières d’auteur-e-s susceptibles d’être mis ainsi en perspective ne manquent pas. On s’efforcera de donner à voir dans quelles conditions s’opèrent ces translations et avec quelles motivations. Ces changements d'objectifs graphiques influencent-ils concrètement la pratique du métier de dessinateur, qu'il s'agisse de leurs lieux d'embauche comme de leur réseau social ? Les articles relevant de cette thématique pourront interroger la diversité même du métier de dessinateur dont les pratiques graphiques varient en fonction des contextes éditoriaux, des opportunités sociales et des motivations personnelles

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AXE 4

Enfin, le dossier veut encourager une réflexion sur les supports de publication dans le cadre d’une « poétique historique des supports[9] ». En quoi la conquête du livre par la bande dessinée a-t-elle contribué à redéfinir la hiérarchie entre caricature et bande dessinée ? Quel type de lecture et de lectorat peut-on envisager pour des caricatures publiées de manière épisodique dans la presse par opposition à celles qui paraissent sous forme d’albums ? En quoi la publication sur internet peut-elle susciter une nouvelle convergence des formes entre le dessin satirique et une bande dessinée aux frontières diluées[10] ?

Date d’envoi des propositions : 1er octobre 2017

Confirmation des propositions retenues : 30 octobre 2017

Date de remise des articles : 30 mars 2018

Les propositions de contribution de :

3 000 signes maximum, suivies d’une courte notice biographique sont à envoyer en français, en anglais ou en portugais simultanément à :

- Aline dell’Orto (aline-dellorto[at]live.com)

- Brigitte Friant-Kessler (bfriant[at]orange.fr)

- Jessica Kohn (jessica.kohn[at]univ-paris3.fr)

- Sylvain Lesage (sylvain.lesage[at]univ-lille3.fr)

- Mélanie Toulhoat (melanie.toulhoat[at]wanadoo.fr)

[1]       Elias Thomé Saliba, Raíizes do Riso, São Paulo, Companhia das Letras, 2002, p.21.

[2]       Alain Vaillant, La Civilisation du rire, Paris, CNRS éditions, 2016, p. 208

[3]       Thierry Smolderen, Naissances de la bande dessinée. De William Hogarth à Winsor McCay. Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2009.

[4]       Thierry Groensteen, M. Töpffer invente la bande dessinée. Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2014.

[5]       Camille Filliot, La bande dessinée au siècle de Rodolphe Töpffer : catalogue commenté des albums et feuilletons publiés à Paris et à Genève, de 1835 à 1905, thèse de doctorat en littérature sous la direction de Jacques Dürrenmatt, univ. Toulouse II, 2011, http://www.topfferiana.fr/2016/10/la-bande-dessinee-au-siecle-de-rodolphe-topffer/ , consulté le 10 juin 2017.

[6]       Camille Filliot, op. cit. ; voir aussi, pour une introduction à la bande dessinée au XIXe siècle, le numéro consacré par Le Magasin du XIXe siècle à la bande dessinée , « Et la BD fut ! » (n°6, 2016), ainsi que le site Töpfferiana animé par Antoine Sausverd : http://www.topfferiana.fr/.  Consulté le 10 juin 2017.

[7]       Maaheen Ahmed, Openness of Comics : Generating Meaning Across Flexible Structures, University Press of Mississippi, 2016.

[8]       Christian Delporte, Dessinateurs de presse et dessin politique en France des années 1920 à la Libération, thèse de doctorat en histoire sous la direction de René Rémond, Institut d’études politiques de Paris, 1991.

[9]       Marie-Eve Thérenty, « Pour une poétique historique du support », Romantisme n°143, 2009, pp. 109-115.

[10]     Pascal Robert, Bande dessinée et numérique. Paris, CNRS éditions, « Les Essentiels d’Hermès », 2016.

Grille d'analyse - réunion du 25 mars 2017

Pour la réunion du 25 mars:  étude de la grille d'analyse (avec un exemple) proposée par Nasrin Fakhri dans sa thèse soutenue en décembre dernier (merci à N. Fakhri de me permettre de reproduire quelques pages de cette thèse. La version que vous trouverez ici n'est pas tout à fait la version finale).

Merci à tous ceux qui le souhaitent de "cobayer" (BFK!!)

 

argumentaire pour Rid. 25

Argumentaire pour Ridiculosa 25. Version encore très provisoire

Gotlib pour réunion du 14 janvier

Quelques illustrations de Gotlib (prises presque au hasard...)

 

gotlib 1

 

 

 

 

 

gotlib 2

 

 

 

 

 

gotlib 3

 

 

 

 

gotlib 4