Histoire de la laideur féminine

SagaertHistoire de la laideur féminine, par Claudine Sagaert
Editions Imago, préface de David Le Breton, postface de Georges Vigarello

264 pages, 22 euros

Commentaire de la maison d'édition:

 

« Toute femme devrait être accablée de honte à la pensée qu’elle est femme. » (Clément d’Alexandrie). Déjà chez Aristote, et bien avant les Pères de l’Église, la femme est matière sans qualité aucune, la qualité restant à l’évidence le propre de l’homme. Tel est le paradoxe du « beau sexe » : source du péché, sa plaisante apparence ne peut que dissimuler un être répugnant.
Plus tard, sa beauté pleinement reconnue, la femme se voit sommée de s’épanouir dans le mariage et dans la maternité. Haro donc sur les célibataires, les bas-bleus, les féministes, les inverties et autres déviantes de la société, qui ne sont que disgrâce et souvent même monstruosité ! De nos jours, enfin, disposant d’un vaste attirail cosmétique, la voici inexorablement soumise à la tyrannie de la séduction permanente. Insupportable, inexcusable, véritable aberration sociale, la laideur féminine révèle crûment négligence, manque de volonté, pire, secrète pathologie.
S’appuyant tout à la fois sur l’histoire, l’anthropologie, la littérature et la peinture, Claudine Sagaert, par cette contribution essentielle à l’histoire des genres, nous permet de mieux comprendre dans quel carcan le corps de la femme a été enfermé durant des siècles, carcan dont elle doit, aujourd’hui comme hier, toujours se libérer…

Docteur en sociologie, Claudine Sagaert est professeur de philosophie.

 

Commentaire de l'auteure:

 

La dimension novatrice de ce travail tend à défendre que  l’histoire de la laideur n’est pas étrangère à la circulation du pouvoir.  Si la beauté féminine a bien souvent été associée à la docilité, la laideur pour sa part a été utilisée comme un outil de stigmatisation redoutable envers celles qui y contrevenaient. Vieille fille, sorcière, intellectuelle et féministe, toutes ont eu à subir ce type de traitement. Ainsi, la laideur physique s’est immiscée dans les rapports sociaux, politiques, religieux et économiques, et s’est dotée de dimensions négatives extra esthétiques. Affublée de toutes les tares, la laideur a été associée au mal, à la dégénérescence, à l’inaptitude rendant de ce fait le sujet condamnable. C’est dans la fabrication de ce cadre que le délit de laideur a pu être justifié et qu’exclusion, sanction et indignité ont été perpétrées.