Appel à contributions - Ridiculosa n° 17

Caricature et photographie
Karikatur und Fotographie
Numéro 17 de "Ridiculosa"

Caricature et photographie

L’invention de la photographie remonte aux années dix-huit cent trente. Objet unique dans le cas des daguerréotypes ou des positifs directs de Hippolyte Bayard, la photographie s’ouvre à l’ère de la reproductibilité avec les travaux de William Henry Fox Talbot et son utilisation des négatifs. D’abord réalisée en noir et blanc, la photographie prend des couleurs au début du vingtième siècle. Largement cantonnée durant plusieurs décennies dans la reproduction de portraits ou utilisée à des fins documentaires au profit de diverses sciences, telles que la médecine, l’histoire de l’art ou l’archéologie, la photographie élargit son champ d’investigation à la fin du dix-neuvième siècle, prétendant surtout dès lors à un statut artistique, clairement revendiqué par les pictorialistes.

Révolution technique et artistique, la photographie a durablement influencé une production caricaturale qu’elle a en partie investie. Plusieurs axes de réflexion se dégagent pour ce numéro de « Ridiculosa » consacré aux relations entre caricature et photographie :


1. L’influence de la photographie sur la caricature

La photographie s’est posée très rapidement en concurrente directe de la peinture d’histoire et de la caricature dans la mesure où elle autorisait une représentation fidèle et rapidement disponible des personnages publics. Elle a ainsi participé à l’évolution du genre caricatural sous plusieurs de ses aspects. Dans quelle mesure la photographie a-t-elle amené les artistes à délaisser le portrait-charge ? Quelle a été son influence sur le regard du dessinateur satirique vis-à-vis de l’objet de sa critique (personnage, scène ou paysage), sur les révisions stylistiques qu’a entraînées sa généralisation, tel que l’abandon d’une exigence « réaliste » ? Quelle est sa part dans l’évolution du rapport de la caricature à la couleur ? Ce sont là autant de pistes d’investigation.

2. La photographie comme caricature

Peu après la fin de la Première Guerre mondiale s’est intensifiée dans le sillage des collages dadaïstes une nouvelle relation entre photographie et caricature, initiée dès la Belle Epoque. John Heartfield, Georg Grosz, Hannah Höch en Allemagne, plus tard Marinus en France, ont créé des photomontages en assemblant des morceaux de photographies, voire en les associant à d’autres supports iconiques. Leur propos était d’interroger certaines réalités sociales en renouvelant la sémantique satirique. La photographie a par la suite régulièrement été instrumentalisée à des fins comiques et satiriques au moyen de différents procédés : cadrage sur un élément isolé, agencement des personnes, constructions spatiales, trucage de clichés par l’ajout ou la soustraction d’éléments, adjonction de bulles, tous procédés devenus très courants dans les revues satiriques. Certaines images tirées de films, telle que la pose de Marlene Dietrich dans « L’ange bleu », rendues fixes sous la forme de clichés, ont, par ailleurs, donné lieu à une série de (re-)créations humoristiques ou satiriques, à l’instar de ce qui existe depuis fort longtemps en relation avec la peinture. Dans tous les cas, ces montages photographiques fonctionnent comme une caricature au sens générique du terme. Cette imbrication de la photographie et de la caricature offre un champ de recherches très large, notamment sous les angles de l’historicité des pratiques culturelles, de leur dimension sociale, politique mais aussi esthétique, mais également à travers l’étude des rapports incertains entre hypoicone et hypericone.

3. Photographie versus caricature

Au tournant du vingtième siècle, Heinrich Zille a porté son regard généreux sur la vie des Berlinois en proposant tour à tour à ses lecteurs des photographies non satiriques et des caricatures. Son cas est loin d’être isolé et il n’est pas rare que caricatures et photographies entretiennent un dialogue au sein d’un même univers artistique, dont le dispositif (inter-)médial (artiste, support physique, spectateur) serait à thématiser.

4. Le discours des dessinateurs sur les photographes et vice et versa

Invention technologique majeure, la photographie a nourri au cours du dix-neuvième siècle des polémiques sans fin, en particulier chez ceux pour qui elle était ressentie comme une concurrente ou une intruse. Au premier rang de ceux-ci se trouvaient les dessinateurs, et il n’est qu’à penser au crayon grinçant de Daumier ou aux propos peu amènes de Baudelaire, esthète de la caricature, pour prendre la mesure des enjeux. La polémique a pu prendre des formes plus subtiles, sous la forme de citations, parfois proches de l’hommage. Le discours a par la suite évolué, restant pourtant souvent marqué par une certaine rigidité. Le discours inverse du photographe sur le dessinateur a été l’objet d’une attention moindre, et l’on ne peut qu’encourager les contributions croisant le discours des uns sur les autres ou thématisant leur évolution.

Le thème des rapports entre caricature et photographie étant très vaste, ces quelques indications, nullement exhaustives, doivent être saisies comme des suggestions,

Toute proposition de contribution accompagnée d’un descriptif d’une demi-page est à adresser conjointement à
Laurence Danguy, Peter Ronge et Jean-Claude Gardes
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
avant le 30 septembre 2009.

 

 

Karikatur und Fotografie

Die Fotografie wurde in den 30er Jahren des 19. Jahrhunderts erfunden. Daguerrotypien und die Direktpositive Hippolyte Bayard’s sind Unikate, und die Öffnung der Fotografie für neue Verwendungsweisen erfolgt erst mit William Henry Fox Talbot’s Erfindung der Negativfotografie. Nach Jahrzehnten ausschließlicher Schwarzweiß-Technik wird die Farbfotografie erst zu Beginn des 20. Jahrhunderts erfunden. Ebenfalls jahrzehntelang war sie auf die Wiedergabe von Portraits und die Bilddokumentation mehrerer wissenschaftlicher Disziplinen wie Medizin, Naturwissenschaften, Kunstgeschichte und Archäologie beschränkt, erweiterte gegen Ende des 19. Jahrhunderts ihren Anspruch aber insofern, als bildnerisch tätige Fotografen die Forderung aufstellten, ästhetisch künstlerisch anerkannt zu werden.

Als technische und künstlerische Revolution jeglicher Bildkonstitution hat die Fotografie auch die Hervorbringung von Karikaturen dauerhaft beeinflußt, ja für sich nutzbar gemacht. Die geplante Nummer von Ridiculosa zu “Karikatur und Fotografie“ bietet mehrere Reflexionsstränge über deren Verhältnis:

1. Einflüsse der Fotografie auf die Karikatur

Die Fotografie etablierte sich sehr schnell als direkte Konkurrentin der Historienmalerei vor allem aktueller Themen und Personen, weil sie eine getreue und schnell verfügbare Abbildung öffentlicher Personen erlaubte. Damit hat sie auch auf die Weiterentwicklung karikaturhafter Abbildungen in mehrfacher Hinsicht eingewirkt. Inwiefern und warum hat sie vielleicht die Künstler veranlaßt, das Portrait-Charge als Genre aufzugeben? Wie hat sie die Sichtweisen des satirischen Zeichners auf die Gegenstände seiner Kritik (Personen, Szenen, Landschaften) modifiziert, und welche Spuren hat die allgemeine Verbreitung der Fotografie in stilistischen Veränderungen wie z.B. der Aufgabe der Forderung “realistischer Abbildungskriterien“ auch in der Karikatur hinterlassen? Welches ist ihr Anteil an der Entwicklung des Verhältnisses von Karikatur zu Farbe? Dies sind nur einige wenige Anregungen zu diesem Strang.

2. Fotografie als Karikatur

Bald nach dem Ersten Weltkrieg hat sich im Gefolge dadaistischer Collagen ein neues Verhältnis zwischen Fotografie und Karikatur etabliert, das schon in der Belle Époque seinen Anfang genommen hatte. John Heartfield, George Grosz, Hannah Höch in Deutschland und kurz darauf Marinus in Frankreich schufen Fotomontagen/-collagen durch Zusammensetzung von Fotoausschnitten und Elementen anderer Bildträger zum Zweck der Erkundung bestimmter politisch-sozialer Felder und Erneuerung einer satirischen Bildsemantik. In der Folge ist die Fotografie zunehmend zu komisch-satirischen Zwecken und mit unterschiedlichsten Vorgehensweisen instrumentalisiert worden: Fokussierung auf ein Einzelelement, Manipulation von Personen und Raumelementen oder von Fotos durch Hinzufügung oder Wegnahme von Elementen, Zugabe von Sprechblasen sowie weiteren Techniken, die heute zum Normalbestand jeder satirischen Zeitschrift gehören. Gewisse Standbilder aus Filmen wie Marlene Dietrichs berühmte Pose im Blauen Engel haben nach all den vielen, seit langem üblichen Rückgriffen auf Motive der Malerei und auf Gemälde zu vielfachen humoristischen oder satirischen (Nach-) Schöpfungen geführt. Auch die zu Beginn des 20. Jahrhunderts sehr populäre humoristisch-satirische Bildpostkarte als Unterart der Fotomontage verdient eingehende Betrachtung.

Fest steht, daß diese Fotomontagen wie Karikaturen im eigentlichen Sinne funktionieren und daß diese Durchdringung von Fotografie und Karikatur insbesondere im Lichte der Historizität kultureller Praktiken, ihrer sozialen, politischen, aber auch ästhetischen Dimensionen ein sehr weites Forschungsfeld bietet. Wichtig ist aber auch die hierzu gehörige Erforschung der noch undeutlichen Bezüge zwischen Hypo- und Hyper-Ikonen.

3. Fotografie versus Karikatur

Zu Beginn des 20. Jahrhunderts hat Heinrich Zille seinen liebevoll-genauen Blick auf das Leben der Berliner gerichtet und bot seinem Publikum wechselweise dokumentarische Fotografie und gezeichnete Karikatur desselben Milieus zur Betrachtung an. Sein Fall ist keineswegs der einzige, und es gilt festzuhalten, daß Karikaturen und Fotografien innerhalb eines und desselben künstlerischen Universums interferieren können, dessen (inter-)mediales Netz (Künstler, Bildträger, Betrachter) genauer zu untersuchen wäre.

4. Zeichnerdiskurs über Fotografie und Fotografendiskurs über das Zeichnen

Als überragende technologische Erfindung hat die Fotografie über das ganze 19. Jahrhundert endlose Polemiken vor allem bei denen ausgelöst, die sie als (heimliche) Konkurrenz betrachteten. An erster Stelle sind hier Zeichner zu nennen, und das Gewicht dessen, was dabei auf dem Spiel stand, läßt sich anhand des erbarmungslosen Strichs etwa Daumier‘s bei diesem Thema ebenso gut ermessen wie wenn man Baudelaire‘s – des Karikatur-Ästheten – wenig schmeichelhafte Worte über Fotografie liest. Die Polemik hat aber auch manchmal subtilere, zitathafte, ja fast anerkennende Formen angenommen. Später hat sich der Metadiskurs weiter entwickelt, blieb aber oft einer gewissen Rigidität verhaftet. Der umgekehrte Diskurs, der des Fotografen über den Zeichner, hat von jeher weniger Aufmerksamkeit erregt, sodaß besonders Beiträge über dieses Arbeitsfeld und dessen Entwicklung erwünscht scheinen.

Da das Thema der Beziehungen zwischen Fotografie und Karikatur sehr weit gefächert und hier keineswegs erschöpfend skizziert ist, mögen diese Zeilen nur als Anregung verstanden werden.

Jeder Vorschlag für ein Beitragsprojekt sollte zusammen mit einem halbseitigen Entwurf vor dem 30 September 2009 gleichzeitig an Laurence Danguy, Jean-Claude Gardes und Peter Ronge eingereicht werden.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.