Revue d’art canadien/Canadian Art Review (RACAR)

Appel à contributions/Call for proposals
Subject/Sujet: Humour in the visual arts and visual culture: practices, theories and histories / L’humour dans les arts et la culture visuels : pratiques, théories et histoires
Guest editors / Sous la direction de : Dominic Hardy, Annie Gérin, Jean-Philippe Uzel
Date limite: 15 novembre 2010

Subject: CFP: Humour in the visual arts and visual culture: practices, theories and histories / L’humour dans les arts et la culture visuels : pratiques, théories et histoires

Appel à contributions / Call for proposals

Revue d’art canadien/Canadian Art Review (RACAR) : Special themed issue / Numéro thématique spécial

Guest editors / Sous la direction de : Dominic Hardy, Annie Gérin, Jean-Philippe Uzel

Humour in the visual arts and visual culture: practices, theories and histories / L’humour dans les arts et la culture visuels : pratiques, théories et histoires

Since the 1990s, more and more artists have been exploiting the processes of irony, parody, absurd, grotesque and carnavalesque, harnessing them for artistic purposes. As Jacques Rancière explains, “Humour is the virtue to which artists nowadays most readily ascribe: humour that is a minimal, all too easy to miss, hijacking or deflection in the way of presenting a sign sequence or arrangement of objects.” Indeed, in following what were already long-established practices, contemporary artists perceive a specific potential in humoristic strategies as a cultural weapon meant to attack complacency in politics, identities and cultural practices. They play with acquired knowledge, knowledge that is found in nature or in cultural production, opening through humour a space for critical distance that is often seen as political in itself. If this interest in humour as a procedure of de-legitimisation and critique is prevalent in current artistic practices, it is however not new to the history of art. Recent studies propose that humoristic strategies in art have often been swept to the margins of scholarship, mainly because of the discipline’s biases against mass-produced objects (such as prints and illustrations) and popular culture. These studies have also revealed the paucity of interpretative tools available to art historians interested in examining such works—beyond the obvious analysis of subject matter. Rancière’s insights, attesting to an increasingly normalized correlation between an ‘ironic imperative’ permeating both contemporary visual productions and the critical language used to assess them, effectively raise the question of these other, historiographical ruptures; of what might be missing in art history’s methodological and theoretical framework.  
 
For this special issue of RACAR, the editors welcome historical/critical approaches to a broad spectrum of modes of humour in the visual arts and in visual culture, of which satire, irony, parody, the comic, the absurd, the grotesque and the carnavalesque are the most prevalent. Case studies may address either historical or contemporary productions (or indeed both) that invoke these modes of humour. Comparative approaches, offering global perspectives on diverse constructions of categories of humour and their functions within different visual cultures, are also welcome. We are keen for these studies to engage with the emerging research and theoretical models that will enable our discipline to more comprehensively account for humour in visual art practices. Our hope is that the resulting papers will enable to us to call into question established ways of categorizing these productions and thereby shed light on the historical processes used in their construction and in their articulation to the art historical record.

 

Depuis les années 1990, de plus en plus d’artistes explorent l'ironie, la parodie, l'absurde, le grotesque et le carnavalesque à des fins artistiques. Comme Jacques Rancière l’explique, « L’humour est la vertu dont les artistes se réclament le plus volontiers aujourd’hui : l’humour, soit le léger décalage qu’il est possible de ne pas même remarquer dans la manière de présenter une séquence de signes ou un assemblage d’objets.» En effet, les artistes contemporains, en poursuivant des pratiques déjà établies de longue date, trouvent un potentiel particulier dans des stratégies humoristiques conçues comme des armes culturelles à même d’attaquer les formes de complaisance à l’œuvre dans le champ de la politique, des pratiques identitaires et de la culture. Ils jouent avec les lieux communs, ceux qui trouvent leur fondements dans la nature ou dans la culture, ouvrant ainsi par l'humour un espace critique, souvent considéré comme politique en soi. Si cet intérêt pour l'humour comme procédé de délégitimation et de critique est courant dans les pratiques artistiques actuelles, il n’est cependant pas nouveau dans l'histoire de l’art. En effet, des études récentes  suggèrent que les œuvres humoristiques sont souvent reléguées aux marges du champ disciplinaire, principalement en raison du regard défavorable porté par l’histoire de l’art sur les objets issus de la production de masse (tels l’imprimé et l’illustration) et de la culture populaire. Ces études révèlent également l’indigence des outils interprétatifs à la disposition des historiens de l'art désireux d’examiner de tels objets – au-delà de l'analyse évidente des thèmes et des motifs humoristiques. L’intuition de Rancière, qui atteste d’une corrélation de plus en plus forte entre des productions visuelles contemporaines répondant à l’« impératif ironique » et le discours critique employé pour les évaluer, soulève de façon pertinente la question de ces autres ruptures historiographiques. En un mot, de ce qui pourrait manquer au cadre méthodologique et théorique de l'histoire de l'art pour prendre en considération la démarche humoristique.

Pour ce numéro spécial de RACAR, nous attendons des contributions proposant des approches historiques/critiques, portant sur un large éventail de modes humoristiques dans les arts et dans la culture visuels parmi lesquels la satire, l'ironie, la parodie, le comique, l’absurde, le grotesque et le carnavalesque sont les plus répandus. Des études de cas traitant de l’humour dans des corpus historiques ou contemporains pourraient être proposées. Des approches comparatives, offrant des perspectives globales sur les diverses catégories d’humour et leur fonction dans différentes cultures visuelles sont également les bienvenues. Nous sommes ouverts aux essais mettant en œuvres de nouveaux axes de recherche et de nouveaux modèles théoriques qui permettront à notre discipline de mieux rendre compte des pratiques humoristiques en arts visuels. Nous espérons que les contributions qui répondront à cet appel nous permettront de questionner la façon dont les productions humoristiques ont été pensées et ordonnées par la discipline, et qu’elles feront la lumière sur les processus historiques qui les ont produites et qui ont permis leur articulation au champ de l’histoire de l'art.

Abstracts of no more than 300 words, along with a 100-word bio-bibliographic summary, should be sent to the editors by November 15, 2010, to the following address : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. <mailto:Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>
 
Authors whose proposals are accepted will be notified by December 1 2010. Manuscripts of 6500-7000 words will be required by June 01, 2011 and will be submitted to an external peer-review process. It is anticipated that publication will take place in the Spring of 2012.
 
Les propositions ne dépassant pas 300 mots, accompagnées d’une note bio-bibliographique de 100 mots, devront être envoyées aux rédacteurs invités au plus tard le 15 novembre 2010 à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. <mailto:Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>
 
Les auteurs dont les propositions auront été acceptées seront avisés le 1er décembre 2010. Les manuscrits de 6 500 à 7 000 mots devront être soumis au plus tard le 1er juin 2011 et seront soumis à un processus d’évaluation externe par les pairs. La publication du numéro est prévue pour le printemps 2012.
 

 



Dominic Hardy
Professeur, département d'histoire de l'art
Université du Québec à Montréal
CP 8888 Succursale Centre-ville
Montréal, Québec H3C 3P8
Canada
(514) 987-3000 poste 6448
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www.histoiredelart.uqam.ca